FRANCIS CABREL
Encore Et Encore Je L'aime à Mourir Sarbacane Je T'aimais, Je T'aime, Je T'aimerai L'arbre Va Tomber La Cabane Du Pêcheur La Corrida Samedi Soir Sur La Terre Tout le monde y pense Encore Et Encore
D'abord vos corps qui se séparent T'es seule dans la lumière des phares Et t'entends à chaque fois que tu respires Comme un bout de tissu qui se déchire Et ça continue encore et encore C'est que le début d'accord, d'accord L'instant d'après le vent se déchaîne Les heures s'allongent comme des semaines Tu te retrouves seule assise par terre À bondir à chaque bruit de portière Mais ça continue encore et encore C'est que le début d'accord, d'accord Refrain: Quelque chose vient de tomber Sur les lames de ton plancher C'est toujours le même film qui passe T'es toute seule au fond de l'espace T'as personne devant La même nuit que celle d'avant Les mêmes endroits deux fois trop grands T'avances comme dans des couloirs Tu t'arranges pour éviter les miroirs Mais ça continue encore et encore C'est que le début d'accord, d'accord Refrain Faudrait que t'arrives à en parler au passé Faudrait que t'arrives à ne plus penser à ça Faudrait que tu l'oublies À longueur de journée Dis-toi qu'il est de l'autre côté du pôle Dis-toi surtout qu'il ne reviendra pas Et ça fait marrer Les oiseaux qui s'envolent Les oiseaux qui s'envolent Les oiseaux qui s'envolent Tu comptes les chances qu'il te reste Un peu de son parfum sur ta veste Tu avais dû confondre les lumières D'une étoile et d'un réverbère Et ça continue encore et encore C'est que le début d'accord, d'accord (bis) Refrain Y'a des couples qui se défont Sur les lames de ton plafond C'est toujours le même film qui passe T'es toute seule au fond de l'espace T'as personne devant Personne Refrain Quelque chose vient de tomber Sur les lames de ton plancher C'est toujours le même film qui passe T'es toute seule au fond de l'espace T'as personne devant Personne...Je L'aime à Mourir
Moi je n'étais rien et voilà qu'aujourd'hui, Je suis le gardien du sommeil de ses nuits. Je l'aime à mourir Vous pouvez détruire tout ce qui vous plaira Elle n'a qu'à ouvrir l'espace de ses bras Pour tout reconstruire. Pour tout reconstruire. Je l'aime à mourir Elle a gommé les chiffres des horloges du quartier Elle a fait de ma vie des cocottes en papier, des éclats de rire Elle a bâti des ponts entre nous et le ciel Et nous les traversons à chaque fois qu'elle Ne veut pas dormir. Ne veut pas dormir. Je l'aime à mourir Refrain Elle a dû faire toutes les guerres pour être aussi forte aujourd'hui, Elle a dû faire toutes les guerres de la vie et l'amour aussi. Elle vit de son mieux ses rêves d'opaline Elle danse au milieu des forêts qu'elle dessine. Je l'aime à mourir Elle porte des rubans qu'elle laisse s'envoler Elle me chante souvent que j'ai tort d'essayer De les retenir. De les retenir. Je l'aime à mourir Pour monter dans sa grotte cachée sous les toits Je dois clouer des notes à mes sabots de bois. Je l'aime à mourir Je dois juste m'asseoir, je ne dois plus parler, Je ne dois rien vouloir, je dois juste essayer De lui appartenir. De lui appartenir. Refrain...Sarbacane
On croyait savoir tout sur l'amour depuis toujours, nos corps par coeur et nos coeurs au chaud dans le velours, et puis te voilà bout de femme, comme soufflée d'une sarbacane, le ciel a même un autre éclat depuis toi. Les hommes poursuivent ce temps qui court depuis toujours, voilà que t'arrives et que tout s'éclaire sur mon parcours, pendue à mon cou comme une liane, comme le roseau de la sarbacane, le ciel s'est ouvert par endroits depuis toi. Plus besoin de phrases ni de longs discours, ça change tout dedans, ça change tout autour finis les matins paupières en panne, lourdes comme des bouteilles de butane, j'ai presque plus ma tête à moi, depuis toi. (Musique seule) Pas besoin de faire de trop longs discours, ça change tout dedans, ça change tout autour, pourvu que jamais tu ne t'éloignes, plus loin qu'un jet de sarbacane, j'ai presque plus ma tête à moi, depuis toi. ... Alors te voilà bout de femme, comme soufflée d'une sarbacane, le ciel s'est ouvert par endroits, depuis toi. Oh depuis toi...Je T'aimais, Je T'aime, Je T'aimerai
Mon enfant nue sur les galets Le vent dans tes cheveux défaits Comme un printemps sur mon trajet Un diamant tombé d'un coffret Seule la lumière pourrait Défaire nos reperes secrets Où mes doigts pris sur tes poignets Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai Quoi que tu fasses L'amour est partout ou tu regardes Dans les moindres recoins de l'espace Dans le moindre rêve où tu t'attardes L'amour comme s'il en pleuvait Nu sur les galets Le ciel prétend qu'il te connait Il est si beau c'est surement vrai Lui qui ne s'approche jamais Je l'ai vu pris dans tes filets Le monde a tellement de regrets Tellement de choses qu'on promet Une seule pour laquelle je suis fait Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai Quoi que tu fasses L'amour est partout ou tu regardes Dans les moindres recoins de l'espace Dans le moindre rêve ou tu t'attardes L'amour comme s'il en pleuvait Nu sur les galets On s'envolera du meme quai Les yeux dans les memes reflets Pour cette vie et celle d'apres Tu seras mon unique projet Je m'en irai poser tes portraits A tous les plafonds de tout le palais Sur tout les murs que je trouverai Et juste en dessous j'écrirai Que seule la lumière pourrait... Et mes doigts pris sur tes poignets Je t'aimais, je t'aime et je t'aimeraiL'arbre Va Tomber
L'arbre va tomber Les branches salissaient les murs Rien ne doit rester Le monsieur veut garer sa voiture Nous, on l'avait griffé Juste pour mettre des flèches est des coeurs Mais l'arbre va tomber Le monde regarde ailleurs L'arbre va tomber Ca fera de la place au carrefour L'homme est décidé Et l'homme est le plus fort, toujours C'est pas compliqué Ca va pas lui prendre longtemps Tout faire dégringoler L'arbre avec les oiseaux dedans ! Y'avait pourtant tellement de gens Qui s'y abritaient Et tellement qui s'y abritent encore Toujours sur nous penché Quand les averses tombaient Une vie d'arbre à coucher dehors L'arbre va tomber L'homme veut mesurer sa force Et l'homme est décidé La lame est déjà sur l'écorce Y'avait pourtant tellement de gens Qui s'y abritaient Et tellement qui s'y abritent encore Toujours sur nous penché Quand les averses tombaient Une vie d'arbre à coucher dehors L'arbre va tomber On se le partage déjà Y'a rien à regretter C'était juste un morceau de bois Un bout de forêt Avancé trop près des maisons Et pendant qu'on parlait L'arbre est tombé pour de bon ! Y'avait pourtant tellement de gens Qui s'y abritaient Et toutes ces nuits d'hiver Quand les averses tombaient T'as dû en voir passer des cortèges de paumés Des orages, des météores Et toutes ces nuits d'hiver Quand les averses tombaient Une vie d'arbre à coucher dehors A perdre le nord A coucher dehorsLa Cabane Du Pêcheur
Le soir tombait de tout son poids Au dessus de la rivière Je rangeais mes cannes On ne voyait plus que du feu Je l'ai vu s'approcher La tête ailleurs dans ses prières Il m'a semblé voir trop briller ses yeux Je lui ai dit Si tu pleures pour un garçon Tu seras pas la dernière Souvent, les poissons sont bien plus affectueux Va faire un petit tour, respire le grand air ! Après, je te parlerai de l'amour Si je me souviens un peu Elle m'a dit Elle a dit justement c'est ce que je voudrais savoir Et j'ai dit viens t'asseoir dans la cabane du pêcheur C'est un mauvais rêve, oublie-le ! Tes rêves sont toujours trop clairs ou trop noirs Alors, viens faire toi-même le mélange des couleurs Sur les murs de la cabane du pêcheur Viens t'asseoir Je lui ai dit Le monde est pourtant pas si loin On voit les lumières Et la terre peut faire Tous les bruits qu'elle veut Y'a sûrement quelqu'un qui écoute Là-haut dans l'univers Peut-être tu demandes plus qu'il ne peut ? Elle m'a dit Elle a dit justement c'est ce que je voudrais savoir Et j'ai dit viens t'asseoir dans la cabane du pêcheur C'est un mauvais rêve, oublie-le ! Tes rêves sont toujours trop clairs ou trop noirs Alors, viens faire toi-même le mélange des couleurs Sur les murs de la cabane du pêcheur Viens t'asseoir Elle m'a dit FInalement, je brûle de tout savoir Et j'ai dit viens t'asseoir dans la cabane du pêcheur Y'a sûrement de la place pour deux ! Cette route ne mène nulle part Alors... viens faire toi-même le mélange des couleurs Sur les murs de la cabane du pêcheur On va comparer nos malheurs Là, dans la cabane du pêcheur Partager un peu de chaleur Là, dans la cabane du pêcheur Moi, j'attends que le monde soit meilleur Là, dans la cabane du pêcheurLa Corrida
Depuis le temps que je patiente Dans cette chambre noire J'entends qu'on s'amuse et qu'on chante Au bout du couloir ; Quelqu'un a touché le verrou Et j'ai plongé vers le grand jour J'ai vu les fanfares, les barrières Et les gens autour Dans les premiers moments j'ai cru Qu'il fallait seulement se défendre Mais cette place est sans issue Je commence à comprendre Ils ont refermé derrière moi Ils ont eu peur que je recule Je vais bien finir par l'avoir Cette danseuse ridicule... Est-ce que ce monde est sérieux ? Andalousie je me souviens Les prairies bordées de cactus Je ne vais pas trembler devant Ce pantin, ce minus ! Je vais l'attraper, lui et son chapeau Les faire tourner comme un soleil Ce soir la femme du torero Dormira sur ses deux oreilles Est-ce que ce monde est sérieux ? J'en ai poursuivi des fantômes Presque touché leurs ballerines Ils ont frappé fort dans mon cou Pour que je m'incline Ils sortent d'où ces acrobates Avec leurs costumes de papier ? J'ai jamais appris à me battre Contre des poupées Sentir le sable sous ma tête C'est fou comme ça peut faire du bien J'ai prié pour que tout s'arrête Andalousie je me souviens Je les entends rire comme je râle Je les vois danser comme je succombe Je ne pensais pas qu'on puisse autant S'amuser autour d'une tombe Est-ce que ce monde est sérieux ? Est-ce que ce monde est sérieux ?... Si, si hombre, hombre Baila baila Hay que bailar de nuevo Y mataremos otros Otras vidas, y otros toros Y mataremos otros Venga, venga Venga, venga a bailar...Samedi Soir Sur La Terre
Il arrive, elle le voit, elle le veut Et ses yeux font le reste Elle s'arrange pour mettre du feu Dans chacun de ses gestes Après c'est une histoire classique Quelle que soit la fumée Quelle que soit la musique Elle relève ses cheveux, elle espère qu'il devine Dans ses yeux de figurine Il s'installe, il regarde partout Il prépare ses phrases Comme elle s'est avancée un peu D'un coup leurs regards se croisent Après c'est une histoire normale Le verre qu'elle accepte, les sourires qu'il étale En s'approchant un peu, il voit les ombres fines Dans ses yeux de figurine Pas la peine que je précise D'où ils viennent et ce qu'ils se disent C'est une histoire d'enfant Une histoire ordinaire On est tout simplement, simplement Un samedi soir sur la terre Ils se parlent, ils se frôlent, ils savent bien Qu'il va falloir qu'ils sortent Ils sont obligés de se toucher Tellement la musique est forte Après, c'est juste une aventure Qui commence sur le siège arrière d'une voiture Il voit les ombres bleues Que le désir dessine A son front de figurine Pas la peine que je précise D'où ils viennent et ce qu'ils se disent C'est une histoire d'enfant Une histoire ordinaire On est tout simplement, simplement Un samedi soir sur la terre Pas la peine d'être plus précis Cette histoire est déjà finie On en ferait autant Si c'était à refaire On est tout simplement, simplement Un samedi soir sur la terre.Tout le monde y pense
Tout le monde y pense, Les hommes, les anges, les vautours, Y'a plus de distances, Personne qu'y ait les bras trop courts, Tout le monde espère, Même à l'arrière des arrière-cours, Toute le monde veut son billet retour, D'amour, d'amour, d'amour, d'amour. Son éclat de chance, Selui qui vous brûle, vous inonde, Mais le ciel s'en balance, Puisqu'il y en a pas pour tout le monde, Y'a des gens plein les urgences, Sous les lumières des abat-jour, Qui attendent leur billet retour, D'amour, d'amour, d'amour, d'amour... Ces anges qui dansent, Sur ces pistes trempées d'alcools, Dans ces caves immenses, Les cheveux collés aux épaules, S'envolent en silence, Et s'éparpillent au petit-jour, En cherchant des billets retour, D'amour, d'amour, d'amour, d'amour... Ces femmes qui s'avancent, En tenant au bout de leurs bras, Ces enfants qui lancent, Des pierres vers les soldats, C'est perdu d'avance, Les cailloux sur des casques lourds, Tout ça pour des billets retour, D'amour, d'amour, d'amour, d'amour... Les hommes, les anges, les vautours, Personne qu'y ait les bras trop courts... Tout le monde y pense...